Que je regrette mon précédent article sur Eric Besson. impardonnable. Bêtement j’hurlais avec les loups.

Je critiquais son débat sur l’identité nationale. Pendant les repas de famille, je rigolais de sa fourberie. Je me gaussais de ses déboires quand il essayait de se faire une image propre. Parfois même, j’éprouvais de la haine pour ce type qui n’hésitait pas à expulser des afghans malgré la guerre dans leur pays. Merde, je me suis trompé. Eric Besson est un homme bon !!
Après le drame du seisme à Haïti, je lis cette dépêche :

Le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale Eric Besson a annoncé aujourd’hui avoir suspendu les expulsions de ressortissants haïtiens en situation irrégulière vers leur pays d’origine, en raison du séisme qui a frappé l’île des Caraïbes.

Dans un communiqué, Eric Besson précise avoir « donné mercredi instruction à ses services de suspendre immédiatement toutes procédures de reconduite dans leur pays d’origine des ressortissants haïtiens, en situation irrégulière sur le territoire national ».

Bon sang, j’ai des larmes aux yeux…un tel acte de générosité …snif …bouhouhuuu…que c’est bon de voir de l’humanisme chez un politicien.

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Need une thérapie

A l’heure du coucher, il m’arrive souvent de méditer. J’en profite pour réfléchir à la vie, à la mort, aux commissions à faire le week-end prochain à Carrefour. Hier, une boule d’angoisse est soudainement apparue. J’ai réalisé une chose. Je suis fou.

Je m’explique. Tout ma vie est cadrée par des petits rituels. des gardes-fous qui permettent de ne pas perdre l’esprit. Je me lève tous les matins à la même heure. Je vais au travail. je bosse huit heures. Je rentre à la maison. Jusqu’ici c’est très banal. Mais, je ne change jamais de plat dans les différents restaurants que je fréquente. Je mange toujours le même dessert à la boulangerie. Ma vie est totalement under control. Rien ne dépasse. Pire ces derniers temps j’ai envie de porter le même style de vêtements. En noir. le soir venu. j’ai mon petit mouchoir posé à côté. je regarde trois ou quatre fois mon réveil. et je m’endors. Flippant non ?
Le seul domaine où je ne cadre rien. C’est l’art. je peux aller dans une direction ou dans une autre sans que cela me tracasse. Je détruis et je recommence des oeuvres au gré de mes envies sans me soucier des autres. Je fais ce que je veux. je suis libre. L’art est ma thérapie qui permet le parfait équilibre entre une vie de con et une vie créative. Ouf !

L’empathie (du grec ancien ἐν, dans, à l’intérieur et πάθoς, souffrance, ce qu’on éprouve) est une notion complexe désignant le mécanisme par lequel un individu peut comprendre les sentiments et les émotions d’une autre personne .

Tout le monde vous le dira. Je suis une personne très empathique. Il suffit qu’une personne me parle de ses hémorroïdes, pour que mes fesses me grattent dans les secondes qui suivent.
Les choses ont empiré avec mes enfants. J’ai vécu leurs petites enfances. Les premiers bobos, la première rentrée scolaire. J’ai tout pris de plein fouet. Au fur et à mesure du temps, je me suis blindé pour résister aux flots d’émotions qui m’entourent. Heureusement, ce ne sont pas que des sentiments négatifs. J’ai ressenti leurs joies, leurs enthousiasmes…
Cette capacité n’est pas un défaut, bien au contraire. Elle me permet de décrypter ceux qui m’entourent. De percevoir plus facilement leurs personnalités. Hier soir, affalé devant la petite lucarne, j’observais les politiciens. Benoit Hamon, Roselyne Bachelot…j’ai perçu une grande souffrance chez eux. Une gêne. Ils expliquaient des choses auxquelles ils ne croyaient plus. J’espère que je ne suis pas le seul empathique à réaliser qu’ils se foutent totalement de notre gueule.

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J’ai longtemps hésité à me mettre une perruque blonde et un costume à paillettes style « eurovision » des seventies, j’ai opté pour un autre look.Vêtu de noir. mon gel « effet décoiffé » appliqué. Chaussures confortables. J’étais prêt pour une nuit de réveillon de folie.

Sur la quarantaine de personnes, je n’en connaissais qu’une dizaine, mais peu importe, l’objectif était de bruler la piste de danse, de bouger mon body jusqu’au bout de la nuit.
L’hôte de la soirée avait préparé une superbe playlist, j’avais eu le temps de m’entrainer devant le miroir de la salle de bain. Première épreuve. Au moment de me lancer dans la chorégraphie, je ne reconnais pas les morceaux. Un DJ, un vrai, avait remplacé la fameuse playlist. Il avait fait un bon choix de morceaux pour dodeliner de la tête, pour faire le ménage mais pas pour la teuf. On se lance dans des tractations diplomatiques.
- S’il te plait , tu peux mettre notre playlist …
- tu vois ok mais à minuit je mets deux enceintes de plus et je reprends le set tu vois?
- oui mais tu sais la chaine HIFI est suffisante…
- Oui mais non tu vois, là le son sature et c’est pas bon..
- Tu ne devrais pas te prendre la tête niveau acoustique. Déjà c’est du mp3 c’est du mauvais son à la base…
- Ok je vois…

La soirée dancefloor peut commencer. Est ce l’alcool ? l’effet de transe avec la bass qui tabasse ? mais à un instant précis de la soirée j’ai senti l’esprit de Tony Manero m’envahir. Malgré une danse particulière (on peut comparer mon style à la danse du rut du lémurien des terres australes), j’ai enflammé la soirée avec notre troupe d’amis. J’ai bien senti que le DJ l’avait mauvaise quand le morceau de Patrick Juvet a résonné dans les enceintes mais peu importe, mes voûtes plantaires se souviendront longtemps de ce 31 décembre…

Accoudé à la fenêtre, j’observe la ville en effervescence. Le préparatif du réveillon bat son plein. Psychologiquement, je prépare mon foie à subir les assauts d’alcools qui auront pour objectif de me faire tourner la tête et de danser comme John (travolta pas Wayne). Mais une chose plus importante me préoccupe. La 31 décembre, j’ai rendez vous avec moi même.

C’est le moment de prendre de bonnes résolutions. C’est parti pour la petite liste.

  1. Pondre de nombreuses artisteries. c’est mon meilleur moyen d’expression. L’art m’apporte toujours autant de plaisir. Donc je vais pondre de belles œuvres pour mon projet « less is easier » bobig.fr.
  2. Les années 10 seront bobigiennes ou ne seront pas.
  3. Arrêter de supprimer et de re-créer des blogs.
  4. Ne pas me prendre la tête avec le boulot. C’est un truc alimentaire. Zen attitude.
  5. Éviter de m’énerver en regardant les interventions d’Eric Zemmour et Eric Naulleau.
  6. Arrêter de balancer des flopées de jurons à la moindre occasion.
  7. Maitriser ce petit caractère colérique.
  8. Faire des voyages et des petits week-ends en famille.
  9. Jouer plus souvent à la PS3
  10. Visiter des musées, galeries et expositions.
  11. Continuer à faire du sport et essayer d’aller à la salle une journée en plus pour faire du cardio-training.
  12. Perdre du poids. Atteindre les 70 kilos.
  13. Boire moins de Coca Cola.
  14. Prendre du temps pour lire des bouquins.
  15. me concentrer sur mon prêtre dans le jeu « World of warcraft ».

C’est à peu près tout ce que j’ai en tête. On se rend bien compte de la futilité de ma petite vie, mais le principal est d’être heureux. Le principe des résolutions étant de ne jamais les respecter. Je pars tranquille pour affronter sereinement l’année 2010.

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J’avoue. Le jour de la fête de la naissance de l’enfant jésus, j’aurais pu choisir une accroche plus fine, voir même un autre sujet. Mais l’heure est grave et il est temps pour moi de vous expliquer pourquoi je n’ai plus l’écolo-attitude.

On subit une propagande écologique depuis plusieurs mois. Le réchauffement de la planète, la responsabilité collective. J’étais d’accord.
Premier geste de la fin d’année , l’achat d’une guirlande électrique extérieure pour embellir le sapin de mon jardin. Attention ! pas n’importe quelle guirlande électrique, elle se recharge grâce à un mini panneau solaire. 35 euros. ça vaut le coup pour préserver notre belle planète bleue. Le principe est simple. Durant la journée, le soleil recharge la batterie, la nuit mon sapin est merveilleusement éclairé. Sauf que…
Après 10 heures de recharge, ma guirlande clignote 6 minutes puis s’éteint mollement. Je ne me laisse pas abattre, recharge le lendemain, la nuit venue, même résultat.
Fini l’écologie pour Bobig. Ni une , ni deux j’ai foncé dans un magasin de décorations. achats de bonnes vieilles guirlandes électriques avec de bonnes grosses prises. Le tout branché sur mon réseau électrique. A mon avis , les habitants de mars peuvent repérer ma maison. Je dois utiliser à 100 % les capacités d’une centrale nucléaire. D’écologiste, je suis devenu nihiliste. Je me contrefiche que la terre explose, je veux que ma guirlande fonctionne la nuit.

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Depuis que je regarde la série « lie to me », ma vie est devenue un enfer.  Voici le pitch : Le Dr Cal Lightman, expert en détection de mensonges par l’analyse de « micro-expressions », vend les services de son équipe pour des enquêtes criminelles et civiles.

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Après le premier épisode, je me suis surpris à scruter le visage de mes proches. J’ai commencé par bobig junior :

- Tu as préparé ton sac pour le collège demain ?
- oui

Son sourcil droit s’est légèrement soulevé. Un petit rictus sur le coin gauche de sa lèvre inférieure.

- Va faire ton sac…
- Ok grrrrr…

Merci Dr Lightman ! mon fils de 14 ans se foutait de ma gueule. Les jours se sont succédés et j’ai peaufiné la détection des pensées ou des mensonges de mes proches. Les choses ont commencé à se gâter dans le milieu professionnel. Arrivée de notre directeur au bureau :

- monsieur Bobig , votre travail est très important et je pense que vous évoluerez rapidement dans ce service. Sa moustache frétillait, pupilles dilatées…ce trouduc n’en pensait pas un mot. Au final, décrypter son prochain devient vite une souffrance qui dégénère en parano

Petite visite chez mes parents, mon père est assis sur son fauteuil. je m’approche. Je discute (les actualités politiques..etc…), au bout de deux ou trois minutes, je remarque qu’il soulève ses lunettes avec son majeur. Sa micro-expression est un bon gros doigt d’honneur. Il se fait chier et m’écoute juste par politesse. Je l’empêche de lire tranquillement son canard. Ce dernier exemple  m’a fait prendre conscience qu’il fallait absolument que j’arrête l’étude des micro-expressions.

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Je ne ponds pas cet article pour faire grincer les dents de ceux qui se tapent deux heures de transport par jour (Madame Bobig par exemple). J’adore prendre le RER ou le métro.

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J’ai rarement l’occasion de prendre les transports en commun. Jour après jour, j’utilise la voiture, 20 minutes de trajet isolé dans ma bulle métallique. Cette semaine, pour une durée de deux jours j’emprunte Le RER E puis la ligne 14, direction bibliothèque François Miterrand.
J’apprécie les transports car j’ai l’occasion de bouquiner. A la maison, trop hyperactif, je ne prends jamais un instant pour lire. Durant le trajet, j’ai fini le livre de Nicolas Bourriaud « formes de vie » (Petit livre qui éclaire certaines facettes de mon loisir artistique, je vous le conseille).
Durant le parcours, j’entends des gros cons : « tu vois babette les grévistes du RER A j’ai une bonne méthode pour discuter avec eux, hop je les mets dans une pièce, un coup de lance-flamme et je discute avec les survivants ».
Je me retourne, m’imaginant que le génie balançant cette phrase a le look du beauf de Cabu. Pas du tout, costard cravate, bien propre sur lui. On ne peut plus se fier à l’apparence.
J’apprécie les transports car je partage la vie de centaine de personnes en très peu de temps. Certains sont fous et parlent seuls, il faut s’approcher pour se rendre compte qu’ils ont une oreillette. Sale époque où on ne peut plus distinguer les simples d’esprits soliloquant et les traders discutant leurs bonus…
D’autres ont leurs portables bien visibles, Des messages d’amour, des discussions houleuses…aucune pudeur.
Durant ce petit circuit, on croise aussi de jolies filles. Rêveuses. Je suis en mode observation. Je finis par galoper dans mes pensées, créant de nouvelles artisteries pour mon projet. J’aime bien les transports en commun. j’y retourne demain.

Aujourd’hui, aucune envie d’arriver tôt au boulot.  Il est 6h30. Croissant + café,  je me prostre sur mon canapé. La zapette en main, c’est parti mon kiki…

035

En 30 minutes de petite lucarne matinale, j’ai la sensation d’avoir franchi une fissure spatio-temporelle. Le matin à la télé, c’est l’heure du commerce télévisuel, des quinquagénaires ou des has been qui présentent des objets révolutionnaires : le redresseur de poils, la crème amincissante à base de gloubiboulga…si il y a des téléspectateurs qui dégainent leurs cartes bleues à six heures du mat pour acheter le tire-bouchon godemichet, il faut les interner !!

je zappe, je tombe sur gym direct avec une jeune prof de sport hyper kiki qui essaie d’apprendre un mouvement de hanche à Babette 65 ans. Hélas, Babette ne percute pas. Au lieu d’onduler gracieusement le bas de son corps comme sa coach, elle tournicote maladroitement son coude. Les autres élèves s’impatientent, moi aussi , zapette…

France 2. William Leymergie m’accueille. Ce type me fait froid dans le dos. Comment peut on passer de récré A2 à cette émission matinale sans perdre la raison. Il est tout beau, tout souriant.  on devine qu’il a bien chaud avec son petit damart.  Seul point positif, les chroniqueuses. toutes mignonnes. A mon humble avis et sans faire de commérages, il y a eu des coucheries. Sacré William. Je découvre une tête à claque : Julia livage spécialiste des liens internet. elle glousse sans arrêt en révélant des buzzs périmés. Terrible…je zappe..

Chaines musicales, des clips de gamines de vingt ans qui se ressemblent toutes (voix + physique) se succèdent sur mon écran plasma 118 cm (oui je me la pète) . J’ai un coup de blues puis soudain un flash. j’ai une hypothèse crédible sur la vague de suicides dans les entreprises françaises. Regarder la télévision matinale est le déclencheur de la pulsion d’autodestruction des employés. je suis à 80 % sûr de ma théorie. J’envoie tout de suite un mail à  Didier Lombard.

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on vit parfois des instants douloureux. Un face à face avec nous même où l’on se découvre tel que l’on est. Sans artifice. Vendredi soir, je suis allé chez les coiffeur.

034

Accompagné de miss Bobig, on ose le salon de coiffure grand standing. Dés le départ, on est cajolé. Une jeune fille aux mains délicates m’accompagne. Je m’assois. Avec un pinceau, elle m’applique un soin pour le cuir chevelu. Je suis devenu une toile.
Lavage des cheveux. Première surprise. le siège procure des massages le long du dos. Je résume. on me lave les cheveux avec des mouvements doux + tripotage des lombaires. Je ne suis pas loin de l’orgasme (je suis un grand sensible) mais je me contrôle. Ma fille m’observe.

« monsieur vous pouvez vous lever, José va vous coiffer… »
- bonsoir monsieur, alors je vous fais quoi…
- Alors c’est tout simple. j’ai les cheveux longs, je veux uniquement que vous les coupiez un petit peu (je montre à peu prés la longueur de je souhaite)
- Okay c’est parti.

Elément important à signaler. Je ne porte pas mes lunettes pendant la coupe de cheveux. Conséquence. J’observe dans le miroir un vague forme floue. La séance commence. Discussion sur la météorologie, les courses de Noël, le flux migratoire des pucerons du sud-est asiatique…
« Voilà c’est fini ! »Au bout de vingt minutes, je peux à nouveau chausser mes lunettes. Et là..la constatation est toute simple. Je ressemble à un playmobil.

« alors ça vous plaît ? » . Intérieurement, je pense « mais bordel de merde, tu as vu ce que tu as fait connard !! je te demande les pointes et tu me fais une coupe de bouffon !! t’es con ou quoi ? », extérieurement « oui c’est très bien… » J’ai gagné le prix lâcheté 2009. Le pire est à venir.
J’affronte le regard de ma fille. « alors tu le trouves beau ton popa ? ». Silence. Miss bobig m’observe, petit sourire en coin. « oui ça lui va bien ». Je suis à moitié rassuré par sa réponse. J’aimerai bien savoir ce qu’elle pense intimement.

On fonce à la caisse, je sors la carte bleue. La somme tombe. 145 euros. je ressens une douleur vers le coqxis. On sort dans le froid humide. Miss Bobig me regarde et chuchote « papa c’est drôle, tu ressembles à un playmobil ».  Je réalise que je n’étais pas le seul peureux dans le salon. Tel père, telle fille.

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